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Record du monde d’apnée à 137 mètres : ce que l’exploit de Molchanov dit de notre respiration

Une seule inspiration, et 137 mètres de descente. Le jeudi 8 octobre 2026, au large de Limassol (Chypre), le Russe Alexey Molchanov a battu son propre record du monde d’apnée en poids constant avec palmes, lors des championnats du monde de profondeur. Sa marque précédente, 136 mètres, datait de 2023. Le record doit encore être ratifié. Au-delà de l’exploit, cette plongée rappelle une chose que tout pratiquant de la respiration connaît bien : le souffle se travaille, et il se travaille d’abord dans le calme.

Ce qui s’est passé à Limassol #

Selon le site d’information chypriote Sigmalive, Molchanov a atteint 137 mètres dans la discipline du poids constant (CWT), soit un mètre de plus que son précédent record du monde. Cette performance lui vaut la médaille d’or de la discipline et le titre masculin au classement général, avec 484 points.

Le Cyprus Mail précise que la plongée a eu lieu lors de la dernière journée de compétition et qu’il s’agit de la septième fois que l’athlète bat ce record, qu’il détient depuis 2012. Le Croate Petar Klovar prend l’argent avec 125 mètres, l’Américain Brad Stevens le bronze avec 115 mètres. Côté féminin, la Hongroise Zsófia Törőcsik a établi un record du monde en immersion libre, à 108 mètres.

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Un point compte : ces performances restent soumises aux procédures de vérification, contrôles antidopage compris, avant la ratification définitive par l’AIDA, l’association internationale qui encadre la discipline. On parle donc d’un record « en attente », même si la marque a été réalisée devant les juges.

Une performance de relâchement plus que de force #

Vu de l’extérieur, une plongée à 137 mètres ressemble à un exploit physique pur. Les apnéistes décrivent pourtant leur discipline comme un travail de détente. Plus le corps est crispé, plus il consomme d’oxygène. Toute la préparation vise donc à descendre en dépensant le moins possible : des gestes économes, un mental posé, et une respiration préparatoire calme plutôt qu’accélérée.

C’est là que l’exploit de Limassol rejoint la pratique de tous les jours. Ceux qui font des exercices de respiration pour gérer leur stress ou mieux dormir cherchent la même chose, à une tout autre échelle : ralentir, relâcher les épaules, laisser l’expiration s’allonger. L’apnée de haut niveau pousse cette logique à l’extrême, mais elle part du même endroit.

Le piège de l’hyperventilation

Un réflexe semble logique pour tenir plus longtemps sans respirer : enchaîner de grandes inspirations rapides juste avant de plonger. C’est précisément ce que les instances de sécurité déconseillent. La fondation DAN Europe, spécialiste de la sécurité en plongée, explique sur son site Alert Diver que l’hyperventilation fait baisser le gaz carbonique dans le sang sans apporter d’oxygène supplémentaire. Or c’est la montée du gaz carbonique qui déclenche l’envie de respirer. En la retardant, on supprime le signal d’alarme du corps, avec un risque de perte de connaissance sous l’eau.

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DAN Europe indique que quelques respirations forcées suffisent à produire cet effet. Des fourmillements dans les mains ou le visage sont un signe d’alerte : il faut alors s’arrêter et attendre quelques minutes avant de replonger.

Les règles de base, pour ceux que le record inspire #

Un record du monde donne souvent envie d’essayer. Si l’apnée vous tente, en mer ou à la piscine, quelques règles ne se discutent pas. La première, posée en tête de liste par DAN Europe : toujours plonger avec un binôme. La syncope, quand elle arrive, ne prévient pas, et seul un partenaire attentif peut sortir le visage de l’apnéiste de l’eau.

Les autres consignes vont dans le même sens. Ne jamais s’hyperventiler. Ne jamais forcer sur les oreilles. Respecter un temps de repos en surface entre deux plongées, que DAN Europe fixe au double de la durée de la plongée, et au triple pour les plongées profondes. Faire quelques plongées d’échauffement peu profondes. Suivre un cours avec des moniteurs qualifiés, et passer un examen médical régulier. Rien de spectaculaire, mais c’est cette prudence qui permet aux meilleurs de repousser leurs limites.

Et sur la terre ferme ?

Nul besoin de descendre sous l’eau pour profiter de ce que l’apnée enseigne. Le principe central, une respiration lente et sans effort, se pratique assis, le soir, en quelques minutes. Inspirer par le nez sans forcer, expirer plus longuement, observer le ventre qui se soulève : c’est le socle commun de la plupart des exercices de respiration que nous présentons sur ce site.

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Une précision s’impose en revanche : les exercices d’apnée « à sec », qui consistent à retenir son souffle le plus longtemps possible, ne sont pas un jeu. Ils ne se pratiquent jamais dans l’eau sans surveillance, ni au volant, ni debout. Et en cas de problème cardiaque, respiratoire ou de grossesse, l’avis d’un médecin passe avant tout.

Ce qu’on retient #

À 137 mètres, Alexey Molchanov a encore déplacé la limite de ce qu’un être humain peut faire avec une seule respiration. Mais la leçon la plus utile de Limassol tient moins au chiffre qu’à la méthode : le calme avant l’effort, le refus de forcer, et la sécurité en binôme. Trois idées qui valent aussi bien pour un champion du monde que pour quelqu’un qui cherche simplement à mieux respirer au quotidien.

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