À Paris, les studios de yoga ferment les uns après les autres pendant que le Pilates remplit les salles : franceinfo a consacré le 15 octobre une chronique à cette crise, qui pose une vraie question aux pratiquants, celle de l’endroit où l’on choisit de poser son tapis.
Plan de l'article
Que se passe-t-il dans les studios parisiens ? #
La chronique « L’œil de Constance », diffusée sur franceinfo le 15 octobre, dresse un constat sans détour. Les adresses les plus connues de la capitale baissent le rideau, une à une.
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Elle s’appuie sur une enquête du Parisien publiée en septembre. Yuj, réseau connu pour ses salles chauffées aux infrarouges, a fermé ses huit salles pendant l’été après une liquidation judiciaire. Le Tigre avait déjà fermé ses huit adresses après les confinements pour ne garder qu’une offre en ligne.
Chez Qee, quatre studios sur sept ont disparu depuis la crise sanitaire. Ceux qui restent proposent désormais 90 % de cours de Pilates et seulement 10 % de yoga, selon la même chronique.
Pourquoi le Pilates prend-il la place du yoga ? #
Le basculement se lit dans les réservations. Sur ClassPass, l’application qui donne accès à des centaines de salles avec un seul abonnement, le yoga était l’activité la plus réservée à Paris en 2021, 2022 et 2023. En 2024 et 2025, c’est le Pilates qui a pris la tête, rapporte franceinfo.
La chroniqueuse y voit un changement de rapport au corps. L’époque valorise le renforcement musculaire visible, et le Pilates, méthode née en Allemagne au début du XXe siècle, souvent pratiquée sur des machines à chariot coulissant, répond à cette attente. Le yoga, qui met en avant le lâcher-prise, promet autre chose et moins vite.
Il y a aussi un effet de prix. Les cours gratuits en ligne cumulent des millions d’abonnés, et beaucoup de pratiquants se contentent d’un tapis et d’un écran. La pratique ne recule donc pas forcément : elle quitte les studios pour le salon, le bureau ou l’association de quartier.
Que dit l’enquête sur la face cachée du yoga ? #
La crise est aussi éthique. Dans La Face cachée du yoga, paru fin septembre chez Buchet-Chastel, la journaliste Élodie Emery a recueilli pendant trois ans des témoignages de pratiquantes. Elle décrit des stages hors de prix, des exercices de soumission présentés comme une élévation spirituelle et des victimes isolées.
Invitée de l’émission « 8 milliards de voisins » sur RFI le 30 septembre, l’autrice revenait sur ce manque d’encadrement. La radio rappelle que la Miviludes, la mission interministérielle de vigilance contre les dérives sectaires, signalait dès 2021 une hausse des signalements liés au yoga.
RFI souligne aussi que la pratique est très majoritairement féminine en France, à plus de 70 %, ce qui rend la question de la confiance envers l’enseignant d’autant plus centrale.
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Comment choisir un cours en toute confiance ? #
Le métier de professeur de yoga n’étant pas réglementé en France, c’est au pratiquant de faire le tri. Quelques réflexes simples aident à repérer un cadre sain, que l’on pratique le hatha, le vinyasa ou un yoga plus doux centré sur la respiration.
Demandez au professeur comment il s’est formé, et combien de temps. Un enseignant sérieux répond volontiers. Méfiez-vous en revanche des discours qui promettent une transformation totale, réclament un engagement financier lourd dès le départ ou découragent les questions.
Sur les ajustements, la règle doit être claire : on vous demande votre accord avant tout contact, et vous pouvez refuser sans vous justifier. Un cours où l’on se sent poussé à dépasser une douleur n’est pas un bon cours.
Faut-il pratiquer chez soi ou en salle ? #
Les deux se complètent. La salle apporte le regard d’un enseignant sur les postures et une régularité que l’on tient plus facilement en groupe. La pratique à la maison, elle, permet d’installer un rituel court au quotidien, par exemple quelques minutes de respiration lente avant le coucher.
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Si votre studio a fermé, regardez du côté des associations sportives et des maisons de quartier, où les cours restent souvent accessibles. Et si le Pilates vous tente, rien n’empêche de l’alterner avec le yoga : l’un travaille le gainage, l’autre la mobilité et le souffle.
Questions fréquentes #
Le yoga est-il vraiment en déclin ?
Ce sont surtout les studios parisiens qui souffrent. La pratique reste très répandue, mais elle se déplace vers le gratuit en ligne, l’entreprise et le milieu associatif.
Quel studio a fermé à Paris ?
Yuj a fermé ses huit salles pendant l’été 2026 après une liquidation judiciaire, et Qee a fermé quatre studios sur sept depuis le Covid, selon franceinfo.
Comment repérer une dérive dans un cours de yoga ?
Les signaux d’alerte sont les promesses de transformation radicale, la pression financière, l’isolement du groupe et les contacts physiques imposés. En cas de doute, la Miviludes recueille les signalements.
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